Quelques explications sur le principe du sous vide


Qu’est-ce que le vide ? 

Nous vivons sous une pression atmosphérique d’environ un bar, ou un kilogramme par cm² de surface. Cette pression correspond, en fait, au poids de l’air au-dessus de nos têtes – si on pouvait isoler une colonne d’air d’un centimètre de côté et d’une hauteur infinie, elle pèserait un kilo. Elle n’aurait pas besoin d’être d’une hauteur infinie – l’atmosphère terrestre s’étend, en se raréfiant progressivement, sur une hauteur d’environ 300 kilomètres. C’est pour cette raison, bien entendu, que la pression diminue avec l’altitude – plus on va haut, moins il y a de l’air au-dessus de nous.

Quand on fait le vide, à l’aide d’une pompe, dans une poche ou sous une membrane, on retire cet air, exactement comme on viderait une baignoire de son eau.

C’est tout.

Et c’est pour cette raison qu’on ne pourra jamais obtenir une dépression supérieure à un bar, tout comme on ne pourra jamais retirer de la baignoire plus d’eau qu’elle ne contient au début.

Dans la pratique, les pompes que nous proposons atteignent un vide d’environ 80 à 90%, soit 800 à 900 grammes au cm², ou 8 à 9 tonnes au mètre carré si vous préférez.

 

Pression Faible, mais Force Colossale 

kg cm

Ceci est un paradoxe qui soulève de nombreuses questions, et mérite quelques explications.
Prenons l’exemple d’une pièce d’1 €, qui présente une surface de 3,8 cm² environ. La pression que nos pompes exerceront sur une telle pièce est de 3,8 x 800 grammes = 3.04 kg, ce qui n’est pas énorme, mais, quand la surface augmente, c’est une autre histoire.

Prenons l’exemple d’une table de 60cm x 120cm, soit 7 200 cm² de superficie. Dans ce cas, la force d’appui passe à 7 200 x 800 grammes, soit 5.76 tonnes, ou le poids de 5 ou 6 petites voitures…. Peu de tables résisteraient à un tel poids !

Cette notion de faible pression/grande force doit être bien comprise dès le début, et doit toujours être présente à l’esprit, lors de l’utilisation du matériel, notamment lors de la construction des moules, et pour éviter les implosions aux conséquences parfois dramatiques….

2016-06-07_17h03_17

2016-06-07_17h03_32

En aucun cas, un moule ne doit être vide sur sa surface d’appui, sinon soit votre moule explose, soit votre table implose

2016-06-07_17h04_49

Notez également que votre pompe fasse 4m3/h ou 250 m3/h, celles-ci ne pourront jamais vider plus d’air que la pression atmosphérique, elles auront donc exactement la même force, c’est simplement le débit qui varie, soit le débit auquel vous allez vider l’air.

Le séchage de la colle sous vide, sans air. 

C’est la question qu’on nous pose le plus souvent ; “comment la colle blanche peut-elle sécher sous vide, sans air pour l’évaporation ?”

Au début, nous n’avions pas la réponse, alors nous nous sommes adressés aux fabricants de colle, qui nous ont expliqué que, dans un premier temps, la colle ne sèche pas par évaporation, mais par “migration de l’eau dans le support.” Autrement dit, l’eau part dans le bois, et c’est seulement après, avec le temps, que l’évaporation permet de retrouver l’équilibre hygrométrique avec l’air ambiant.

D’ailleurs, en réfléchissant bien, on se rend compte que dans une presse classique, il ne peut y avoir aucune circulation au niveau du plan de colle, et pourtant ça marche !

Une autre illustration du même phénomène – on peut coller un stratifié sur un aggloméré avec la colle blanche, car l’eau part dans le panneau, mais on ne peut pas coller deux stratifiés ensemble, car ils sont tous les deux imperméables. 

Soyez donc rassurés – ça marchera, même sans air.

( point de détail – loin de s’estomper sous vide, le phénomène d’évaporation de l’eau s’accélère, puisque le point d’ébullition diminue, mais cela n’a pas d’incidence sur nos collages).

L’écrasement du film de colle sous faible pression – incidence sur le dosage de la colle. 

Notion très importante

Les fabricants de colle conseillent une pression de serrage de 4 ou 5 kg/cm², alors que sous vide on ne dispose que de 800 grammes. Ce point aussi soulève de nombreuses questions.

Si, dans une presse traditionnelle, on sert fort, c’est pour écraser la colle, et obliger l’eau à migrer.

Sous vide, par contre, on retire l’air du bois, et, de ce fait , c’est le bois qui “aspire” l’eau.

Cette explication est volontairement simpliste, mais le fait est que l’on obtient, sous vide, une pénétration, et une épaisseur de joint de collage, strictement comparables à celles obtenues par les moyens plus classiques, à condition de bien doser la colle.

RBE - Chemin du ponceau - 02200 SOISSONS - Tél : 06 80 68 64 58 - Fax : 03 23 73 17 78 - E-mail : rbe@groupe-bvd.com